Que faire si on est victime de fraude?
Les fraudeurs sont de plus en plus débrouillards et utilisent des moyens ingénieux pour accéder à nos informations personnelles. Personne n'est à l'abri d'être la prochaine cible d'une vilaine escroquerie en ligne. On répond ensemble à la question: que faire quand on est victime de fraude ?
Depuis plus de 20 ans, on couvre les différents types d'arnaques, comment s'en protéger et surtout comment les prévenir.
On souhaite évidemment à personne d'être victime d'un cas de fraude, mais la vérité de la chose c'est que ça peut arriver à quasiment n'importe qui et n'importe quand. Il faut vraiment savoir comment réagir adéquatement pour garder ses renseignements lorsqu'on se fait frauder.
Dans cette chronique, on va regarder étape par étape quoi faire lorsque l'on est la cible d'une arnaque.
#1 - Se calmer et respirer un bon coup
Le conseil LE plus facile à dire qu'à faire: il faut se calmer. Il ne faut pas agir impulsivement parce qu'on risque tout simplement de donner encore plus de renseignements aux fraudeurs qui nous attaquent.
C'est un moment qui est extrêmement stressant, évidemment, mais il faut garder son sang-froid le plus possible. L’important est maintenant d’agir rapidement, méthodiquement et de conserver toutes les preuves. C'est parti.
#2 - Conserver toutes les preuves de la fraude
Avant de supprimer des messages ou de fermer des comptes, prenez quelques minutes pour conserver le plus de preuves possible.
Gardez:
- les courriels et textos reçus;
- les captures d’écran;
- les numéros de téléphone;
- les reçus ou confirmations de paiement;
- les noms et coordonnées utilisés par le fraudeur;
- les liens vers les faux sites;
- les détails des transactions.
Ces informations peuvent être utiles à votre institution financière, au service de police ou au Centre antifraude du Canada.
#3 - Contacter rapidement son institution financière
Si on détecte des signes de fraude bancaire (argent vidé, transactions inhabituelles, carte refusée, messages de connexion non faites, impossibilité de se connecter),
D'abord, rassemblez tous les renseignements sur la fraude: numéro de téléphone, texte, courriel, documents, site internet du piège. Une fois que c'est fait, on doit signaler l'incident à notre institution financière.
On ne doit JAMAIS contacter notre banque via les informations reçues dans un courriel, texto ou appel frauduleux. Le numéro de téléphone de notre institution financière se trouve toujours à l'endos de notre carte de débit et de crédit. C'est LA source fiable.
Notre banque évaluera si un remboursement est possible. On doit vérifier les transactions, prouver que certaines dépenses ne sont pas les nôtres, annuler des cartes, fermer des comptes ouverts par les fraudeurs, et changer tous nos mots de passe.
#4 - Changer les mots de passe compromis
Si on a donné notre mot de passe à un fraudeur ou si on pense qu’un de nos comptes a été compromis, on doit rapidement changer ce mot de passe.
On choisit un mot de passe long et unique, différent de ceux qu’on utilise ailleurs.
Si on réutilisait le même mot de passe sur plusieurs comptes, on le change aussi sur ces autres services.
Un gestionnaire de mots de passe peut nous aider à créer et conserver des mots de passe uniques pour chacun de nos comptes.
On en profite aussi pour vérifier les appareils et les sessions connectés à notre compte et déconnecter ceux qu’on ne reconnaît pas.
#5 - Activer ou vérifier l’authentification à deux facteurs
Si ce n’est pas déjà fait, on active l’authentification à deux facteurs sur nos comptes importants.
Ça ajoute une couche de sécurité supplémentaire, même si quelqu’un réussit à obtenir notre mot de passe.
Si notre compte a déjà été compromis, on vérifie aussi les méthodes de récupération enregistrées.
On s’assure qu’aucun numéro de téléphone, courriel ou appareil inconnu n’a été ajouté par le fraudeur.
Si on voit quelque chose qu’on ne reconnaît pas, on le retire immédiatement.
De plus en plus de plateformes offrent une connexion à deux facteurs, comme Facebook, Outlook, Google (et Gmail), ou même notre institution financière comme Desjardins, que l'on peut activer via les paramètres.
#6 - Vérifier notre appareil si on a téléchargé quelque chose
Si on a téléchargé un fichier, installé un logiciel, ouvert une pièce jointe douteuse ou donné un accès à distance à notre ordinateur, on doit vérifier notre appareil.
On lance une analyse complète avec notre antivirus et on supprime les programmes ou extensions qu’on ne reconnaît pas.
Si un fraudeur a pris le contrôle de notre ordinateur à distance, on désinstalle aussi le logiciel utilisé et on change ensuite nos mots de passe à partir d’un appareil de confiance.
Si la fraude s’est limitée à un faux virement, un appel téléphonique ou un faux site sans téléchargement, une analyse antivirus n’est pas nécessairement utile.
Et si on n'a pas d'antivirus, c'est un signe d'aller s'en procurer un le plus rapidement possible. Il y a vraiment beaucoup d'options à une gamme de prix différente, alors il y a forcément une solution pour chacun.
#7 - Signaler la fraude à la police
Si on a perdu de l’argent, si notre identité a été utilisée ou si nos renseignements personnels ont été compromis, on peut faire un signalement auprès de notre service de police local.
On conserve le numéro du rapport ou du dossier qui nous est remis.
Ce numéro peut ensuite être utile lorsqu’on communique avec notre institution financière, une compagnie d’assurance ou une agence de crédit.
Par exemple, si on est victime d'une fraude qui vise notre numéro d'assurance sociale (NAS) et que vous doutez qu'il ait fuité quelque part, Service Canada offre une liste d'étapes complètes et simples sur leur site pour reprendre le contrôle.
Ces étapes incluent entre autre d'aller voir la police pour leur faire part de cette fraude au NAS.
#8 - Signaler la fraude au Centre antifraude du Canada
On peut aussi signaler la fraude au Centre antifraude du Canada.
Même si on n’a pas perdu d’argent, notre signalement peut aider les autorités à mieux comprendre les méthodes utilisées par les fraudeurs et à repérer certaines tendances.
On prend soin de fournir le plus de détails possible, notamment les courriels, numéros de téléphone, captures d’écran et informations sur les paiements ou transactions.
On conserve également le numéro de dossier qui nous est remis après le signalement.
#9 - Protéger notre dossier de crédit
Si nos renseignements personnels ont été volés ou compromis, on peut ajouter une alerte de fraude à notre dossier de crédit.
Au Québec, on peut aussi demander gratuitement un gel de crédit auprès d’Equifax et de TransUnion.
Le gel peut aider à réduire le risque qu’un fraudeur utilise notre identité pour obtenir du crédit en notre nom.
Si on veut protéger nos deux dossiers, on doit faire la démarche auprès des deux agences.
Si on doit les appeler, on ne doit qu'utiliser les numéros officiels. Les voici :
- Equifax: 1-855-233-9226 ou 1-800-871-3250
- TransUnion: 1-800-663-9980
C'est un indice crucial pour savoir si on parle à un employé réel ou à un fraudeur.
Oui, ils nous demanderont nos "vrais renseignements personnels" (nom, date de naissance, adresse, informations sur nos cartes de crédit, employeurs, et idéalement notre numéro d'assurance sociale).
Et si les fraudeurs ont changé notre adresse, on devra même envoyer des copies de pièces d'identité. C'est contre-intuitif après une fraude, mais c'est nécessaire pour prouver qu'on est bien nous et corriger les dégâts. Le mieux, c'est de passer par leur site web officiel (equifax.ca ou transunion.ca) pour verrouiller notre dossier de crédit.
#10 - Aviser les organismes concernés si nos pièces d’identité ont été compromises
Si on a transmis une copie de notre permis de conduire, de notre carte d’assurance maladie, de notre passeport ou d’un autre document officiel à un fraudeur, on doit communiquer avec l’organisme qui l’a émis.
On explique que nos renseignements pourraient être utilisés frauduleusement et on demande quelles mesures doivent être prises.
Selon le document concerné, il peut être recommandé de le remplacer, de surveiller notre dossier ou de faire ajouter une note à notre dossier.
#11 - Vérifier notre assurance contre le vol d’identité
Certaines assurances habitation, cartes de crédit ou protections spécialisées peuvent inclure une couverture contre le vol d’identité.
Selon le contrat, cette protection peut notamment aider à couvrir certains frais liés aux démarches de récupération, à l’assistance juridique ou à la restauration de notre identité.
Par contre, elle ne rembourse pas nécessairement les sommes perdues lors d’une fraude.
On communique donc avec notre assureur pour vérifier exactement ce qui est couvert et quelles démarches doivent être faites.
#12 - Se méfier des fraudeurs qui promettent de récupérer notre argent
Après avoir été victime d’une fraude, on peut malheureusement devenir une cible encore plus intéressante pour les fraudeurs.
Certains vont se présenter comme des policiers, des enquêteurs, des représentants d’un organisme officiel ou des spécialistes capables de récupérer l’argent perdu.
Ils vont ensuite nous demander de payer des frais, des taxes ou un dépôt pour débloquer les sommes.
On ne paie jamais quelqu’un qui nous contacte spontanément en promettant de récupérer l’argent perdu dans une fraude.
En cas de doute, on communique directement avec notre institution financière, notre service de police ou le Centre antifraude du Canada à partir de leurs coordonnées officielles.
Agir rapidement peut limiter les dégâts
Être victime d’une fraude est stressant, mais l’important est d’agir rapidement et dans le bon ordre.
On conserve les preuves, on communique avec notre institution financière si de l’argent est en jeu, on sécurise nos comptes et on signale la situation aux organismes concernés.
On garde aussi un œil sur notre dossier de crédit et on se méfie des personnes qui prétendent pouvoir récupérer notre argent contre des frais.
Plus on réagit vite, plus on augmente nos chances de limiter les dommages et de reprendre le contrôle de la situation.
Le Petit Charron : Fraude en ligne – Trucs et astuces pour se protéger