Que faire si on est victime de fraude?
Les fraudeurs sont de plus en plus débrouillards et utilisent des moyens ingénieux pour accéder à nos informations personnelles. Personne n'est à l'abri d'être la prochaine cible d'une vilaine escroquerie en ligne. On répond ensemble à la question: que faire quand on est victime de fraude ?
Depuis plus de 20 ans, on couvre les différents types d'arnaques, comment s'en protéger et surtout comment les prévenir.
On souhaite évidemment à personne d'être victime d'un cas de fraude, mais la vérité de la chose c'est que ça peut arriver à quasiment n'importe qui et n'importe quand. Il faut vraiment savoir comment réagir adéquatement pour garder ses renseignements lorsqu'on se fait frauder.
Dans cette chronique, on va regarder étape par étape quoi faire lorsque l'on est la cible d'une arnaque.
#0 - Se calmer et respirer un bon coup
Le conseil LE plus facile à dire qu'à faire: il faut se calmer. Il ne faut pas agir impulsivement parce qu'on risque tout simplement de donner encore plus de renseignements aux fraudeurs qui nous attaquent.
C'est un moment qui est extrêmement stressant, évidemment, mais il faut garder son sang-froid le plus possible. Ça va aller, on va réussir à récupérer nos informations... C'est parti.
#1 - Changer son mot de passe
C'est la première vraie chose à faire et certainement l'une des plus cruciales lorsqu'on se fait arnaquer ou pirater. En fonction de l'endroit où on s'est fait pirater, que ce soit sur Facebook ou carrément sur notre compte en banque, il faut changer son mot de passe.
Changer son mot de passe va expulser toutes les autres personnes qui sont connectées sur notre compte, incluant les pirates ou les fraudeurs. Ils seront amenés à l'écran de connexion, et ils n'auront pas le nouveau mot de passe.
Les gestionnaires de mots de passe sont devenus indispensables pour générer, sauvegarder et sécuriser tout ça.
Et si on en a pas sous la main, on a toujours le bon vieux truc de remplacer des lettres par des symboles pour créer un mot de passe fort et mémorisable.
#2 - Activer l'authentification à deux facteurs (2FA)
Pour certains, l'authentification à deux (ou double) facteurs est un vrai cauchemar... Il faut mettre notre mot de passe, aller chercher son téléphone ou sa tablette, entrer un code supplémentaire et ensuite entrer dans notre compte.
Mais sincèrement, c'est une étape tout autant cruciale que changer son mot de passe.
Si c'est plate d'aller chercher son téléphone pour nous, imaginez le calvaire pour les fraudeurs. Avoir une deuxième plateforme pour être le «chien de garde» de la première est extrêmement pertinent et puissant au niveau de la protection.
De plus en plus de plateformes offrent une connexion à deux facteurs, comme Facebook, Outlook, Google (et Gmail), ou même notre institution financière comme Desjardins, que l'on peut activer via les paramètres.
#3 - Faire un scan avec son antivirus
Une fois que c'est fait, la troisième étape est de faire un scan avec notre antivirus. Même si ce n'est pas certain que les fraudeurs ont accès aux données internes de notre ordinateur, on se doit de s'assurer que toutes les issues sont bouchées.
On doit faire une analyse intégrale de notre ordinateur. Pas juste une analyse d'un dossier ou d'un disque dur: faites un examen complet.
Et si on n'a pas d'antivirus, c'est un signe d'aller s'en procurer un le plus rapidement possible. Il y a vraiment beaucoup d'options à une gamme de prix différente, alors il y a forcément une solution pour chacun.
#4 - Prévenir la police (si nécessaire!)
Si on est victime d'une fraude monétaire ou que l'on sait que nos renseignements ont fuité quelque part, on peut aller voir les autorités locales.
Un dossier sera alors ouvert, et on peut le tenir à jour à mesure qu'il y aura d'autres développements. On doit s'assurer d'avoir un maximum d'informations sur les répercussions sur notre vie.
Par exemple, si on est victime d'une fraude qui vise notre numéro d'assurance sociale (NAS) et que vous doutez qu'il ait fuité quelque part, Service Canada offre une liste d'étapes complètes et simples sur leur site pour reprendre le contrôle.
Ces étapes incluent entre autre d'aller voir la police pour leur faire part de cette fraude au NAS.
#5 - Signaler le Centre antifraude du Canada
Le Centre antifraude du Canada (CAFC) est une plateforme du gouvernement du Canada qui recueille de l'information sur les arnaques et les fraudes. Lorsqu'on est victime d'une fraude, on doit absolument la signaler!.
Le CAFC fournit des renseignements sur les fraudes passées et courantes affectant les Canadiens. Que ce soit un vol d'identité via Internet ou d'autres types de fraudes générales, le CAFC est un point de contact clé. C'est en dénonçant qu'on permet aux autorités de répertorier ces arnaques et d'éviter que d'autres ne tombent dans le panneau.
#6 - Vérifier notre assurance pour vol d'identité
Ce type d'assurance est parfois inclus dans les contrats d'assurance habitation ou automobile.
Il est crucial de comprendre ce qu'est réellement l'assurance en cas de vol d'identité. Comme son nom l'indique, elle offre une protection pour nous aider à rétablir notre identité si elle est compromise, mais elle n'empêchera pas le vol en tant que tel.
Plus important encore, cette assurance n'exclut généralement pas les pertes financières directes liées aux transactions frauduleuses. Par exemple, si un fraudeur obtient un prêt personnel à notre nom, l'assurance ne remboursera pas le montant du prêt.
Cependant, elle peut s'avérer très précieuse pour couvrir les dépenses engagées pour rétablir notre identité. Cela inclut les frais juridiques pour annuler des transactions frauduleuses (comme une hypothèque obtenue en notre nom), les coûts pour corriger notre dossier de crédit, et même les dépenses pour obtenir de nouvelles pièces d'identité.
Ça vaut la peine de regarder auprès de son assureur pour savoir si on bénéficie d'une protection quelconque.
#7 - Aviser Équifax ou TransUnion
Il faut aviser les agences de notation de crédit comme Equifax et TransUnion si on est victime d'une fraude pour ne pas que les arnaqueurs demandent des prêts, par exemple, avec votre argent. On peut demander à ces plateformes d'envoyer des alertes à la fraude qui nous permettra d'être contacté avant n'importe quelle enquête de crédit.
On devrait aussi carrément verrouiller notre dossier de crédit chez ces deux organisations!. Au Québec, la loi oblige Equifax et TransUnion à offrir ce service gratuitement.
Si un fraudeur tente de voler notre identité pour obtenir un prêt en notre nom, l'institution à qui il le demande ne pourra pas interroger notre dossier de crédit.
MAIS attention, c'est crucial! Si on doit les appeler, on ne doit qu'utiliser les numéros officiels. Les voici :
- Equifax : 1-855-233-9226 ou 1-800-871-3250
- TransUnion : 1-800-663-9980
C'est un indice crucial pour savoir si on parle à un employé réel ou à un fraudeur.
Oui, ils nous demanderont nos "vrais renseignements personnels" (nom, date de naissance, adresse, informations sur nos cartes de crédit, employeurs, et idéalement notre numéro d'assurance sociale).
Et si les fraudeurs ont changé notre adresse, on devra même envoyer des copies de pièces d'identité. C'est contre-intuitif après une fraude, mais c'est nécessaire pour prouver qu'on est bien nous et corriger les dégâts. Le mieux, c'est de passer par leur site web officiel (equifax.ca ou transunion.ca) pour verrouiller notre dossier de crédit.
#8 - Prévenir nos institutions financières
Si on détecte des signes de fraude bancaire (argent vidé, transactions inhabituelles, carte refusée, messages de connexion non faites, impossibilité de se connecter),
D'abord, rassemblez tous les renseignements sur la fraude : numéro de téléphone, texte, courriel, documents, site internet du piège. Une fois que c'est fait, on doit signaler l'incident à notre institution financière.
On ne doit JAMAIS contacter notre banque via les informations reçues dans un courriel, texto ou appel frauduleux. Le numéro de téléphone de notre institution financière se trouve toujours à l'endos de notre carte de débit et de crédit. C'est LA source fiable.
Notre banque évaluera si un remboursement est possible. On doit vérifier les transactions, prouver que certaines dépenses ne sont pas les nôtres, annuler des cartes, fermer des comptes ouverts par les fraudeurs, et changer tous nos mots de passe.