Fausse pub avec des personnalités: Québec veut punir sévèrement les fraudeurs
Est-ce le début de la fin des publicités frauduleuses qui utilisent l'image et la voix de personnalité publiques? Le Gourvernement du Québec a déposé le projet de loi 24 destiné à punir sévèrement les fraudeurs qui mettent en place ces fraudeurs sur Facebook notamment. Des amendes pouvant aller jusqu'à 125 000$ et la possibilité d'aller en prison auraient de quoi dissuader.
L’intelligence artificielle est un outil merveilleux, mais entre les mains de fraudeurs, elle devient une arme dangereuse pour usurper l’identité de n’importe qui.
On ne parle plus seulement de simples montages photo, mais de vidéos et de voix clonées d’un réalisme fulgurant.
Pour contrer ce fléau, le gouvernement du Québec a déposé le 26 mars 2026 le projet de loi 24, intitulé Loi protégeant le consommateur contre l’utilisation trompeuse ou frauduleuse de l’identité ou de l’image d’une personne.
Enfin, il était temps!
À quoi s'attaque ce nouveau projet de loi?
Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, veut donner des dents à nos instances juridiques pour poursuivre ceux qui utilisent l'IA de façon malveillante.
Le projet de loi interdit formellement d’utiliser l’image ou la voix d’une personne sans son consentement explicite pour promouvoir des produits ou des services.
Les fraudeurs utilisent souvent des hypertrucages (deepfakes) pour usurper la notoriété de visages connus afin de vous inciter à acheter des produits financiers bidon, des remèdes miracles contre le diabète ou des produits amaigrissants douteux.
On peut notamment penser à la fausse publicité utilisant l'image et la voix de Nathalie Simard pour vendre des pilules amaigrissantes, en détournant son histoire personnelle de perte de poids.
Ou bien celle d'Anne-Marie Dussault, où des fraudeurs ont carrément transformé une publicité en faux reportage de l’émission 24/60 pour promouvoir une application de casino.
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Comment porter plainte et quel est le processus?
Si vous tombez sur une publicité louche ou si vous êtes victime d'une usurpation d'identité, vous n'êtes plus seul devant les géants du web. Vous pouvez désormais porter plainte à deux endroits. À l’Office de la protection du consommateur (OPC) ou bien à l' Autorité des marchés financiers (AMF), si la fraude concerne des placements ou de la cryptomonnaie.
La grande nouveauté est que les présidents de l’OPC et de l’AMF disposeront d’un pouvoir d’ordonnance. Ils pourront forcer une personne, une entreprise ou un diffuseur (comme Meta ou X) à retirer immédiatement la publicité frauduleuse sans avoir à passer par un long processus judiciaire.
Des conséquences salées pour les fraudeurs
Le gouvernement veut que ça « fasse mal » aux fraudeurs pour créer un effet dissuasif.
Des amendes massives peuvent être données allant jusqu’à 62 500 $ pour une personne physique et 125 000 $ pour une entreprise, ou encore 5 % de son chiffre d’affaires mondial.
De plus, si une entreprise refuse de respecter l’ordonnance de retrait, le dossier peut être porté en Cour supérieure, ce qui pourrait mener à de l'emprisonnement.
Comment se protéger des fraudes alimentées par l'IA?
Bon, après, il faut bien souligner le fait que c'est un projet de loi. Ce n'est pas encore effectif, malheureusement. Mais en tant que citoyen, on a tout intérêt à mettre de la pression sur nos députés pour que ça passe rapidement.
En attendant que la loi soit pleinement appliquée, votre meilleure défense reste votre vigilance et votre « bullshitomètre ».
Non seulement c'est important de connaître les fraudes qui utilisent l'IA, mais il faut aussi savoir comment reconnaître des images générées par l'IA.
Un autre truc: si les grands médias comme La Presse ou Radio-Canada n’en parlent pas, il y a de fortes chances que ce soit faux.
Enfin, il faut se rappeler que les IA fouillent le web pour trouver vos infos personnelles. Vous pouvez utiliser des outils comme Incogni pour supprimer vos renseignements des mains des courtiers de données.
Restez à l'affût, car les fraudeurs misent sur l'émotion et l'urgence pour vous faire baisser votre garde. Protéger votre image numérique est aujourd'hui aussi important que de protéger votre numéro d'assurance sociale.