Comment les fraudeurs connaissent-ils vos informations?
Vous recevez un texto frauduleux dans lequel on vous appelle par votre nom. Pire encore, le message contient votre adresse ou des informations sur votre famille. Comment les fraudeurs peuvent-ils en savoir autant sur vous? La réponse se trouve notamment dans les nombreuses données personnelles qui circulent sur Internet, souvent à notre insu.
Imaginez recevoir un appel d'une personne qui prétend travailler pour votre banque. Elle connaît votre nom complet, votre adresse et même votre date de naissance.
Sur le coup, on se dit que ça doit être sérieux. Après tout, comment un fraudeur pourrait-il connaître autant de détails sur nous?
Aujourd'hui, les arnaqueurs n'ont pas nécessairement besoin de pirater notre ordinateur ou notre téléphone pour obtenir nos informations personnelles.
Une bonne partie de ces renseignements circule déjà sur Internet. Et il existe même des entreprises dont le modèle d'affaires consiste à recueillir et à revendre des données sur nous.
Comment les fraudeurs obtiennent-ils nos informations?
On a parfois l'impression que nos informations personnelles sont bien protégées parce qu'on fait attention à ce qu'on publie sur Internet.
Malheureusement, ce n'est pas aussi simple. Nos renseignements peuvent provenir de plusieurs sources différentes.
Il y a d'abord les fuites de données. Lorsqu'une entreprise est victime d'une cyberattaque, les pirates peuvent récupérer des milliers de noms, d'adresses courriel et de numéros de téléphone. Ces informations peuvent ensuite être revendues ou partagées sur le dark web.
Il y a aussi les réseaux sociaux. Sans nous en rendre compte, on partage énormément d'informations sur Facebook, Instagram et les autres plateformes: notre ville, notre employeur, nos voyages, nos enfants et parfois même notre date de naissance.
Individuellement, ces renseignements semblent sans importance. Mais lorsqu'on les rassemble, ils permettent de dresser un portrait assez précis de notre vie.
Des entreprises vendent nos données personnelles
Il existe des entreprises qu'on appelle des courtiers en données, ou data brokers en anglais. Leur travail consiste à recueillir des informations sur les internautes à partir de différentes sources, puis à les regrouper pour créer des profils détaillés.
Selon les entreprises et les informations disponibles, ces profils peuvent notamment contenir:
- Notre nom complet et notre âge.
- Notre adresse actuelle et nos anciennes adresses.
- Nos numéros de téléphone et adresses courriel.
- Le nom de notre employeur.
- Certaines de nos habitudes d'achat.
- Des informations sur les membres de notre famille.

Ces données sont utilisées à des fins commerciales, mais certaines peuvent aussi devenir accessibles à des personnes mal intentionnées. Et lorsqu'un fraudeur combine ces renseignements avec des informations volées lors de cyberattaques, il peut en apprendre énormément sur nous.
C'est un peu comme un casse-tête. Chaque information représente une pièce. Plus on en rassemble, plus l'image devient claire.
Pourquoi les fraudes deviennent-elles plus convaincantes?
Imaginez que vous recevez un texto qui semble provenir d'une entreprise de livraison. Le message contient votre nom et mentionne votre ville. On vous demande simplement de cliquer sur un lien pour confirmer votre adresse. Comme vous attendez justement une commande, vous pourriez être tenté de cliquer.
Pourtant, le fraudeur n'a pas nécessairement accès à votre commande. Il peut simplement avoir récupéré certaines de vos informations personnelles.
Même chose avec un appel provenant supposément de votre institution financière.
Le fraudeur connaît votre adresse et votre date de naissance. Il utilise ces renseignements pour gagner votre confiance avant de vous demander de confirmer d'autres informations.
C'est ce qu'on appelle de l'ingénierie sociale.
Ce n'est pas parce qu'une personne connaît notre nom, notre adresse ou notre date de naissance qu'elle est réellement celle qu'elle prétend être.
Peut-on retirer nos informations d'Internet?
On ne peut malheureusement pas empêcher toutes les entreprises de subir des fuites de données. Mais peut-on au moins limiter les informations personnelles qui circulent sur nous? La réponse est oui, dans une certaine mesure.
On peut commencer par vérifier les informations publiques sur nos réseaux sociaux et éviter de donner nos coordonnées à n'importe quel site.
Mais qu'est-ce qu'on fait de ces entreprises qui possèdent déjà nos données? On peut contacter certains courtiers en données et leur demander de supprimer nos renseignements personnels.
Le problème, c'est qu'il faut trouver ces entreprises, comprendre leurs procédures et effectuer les demandes une par une. Et même lorsqu'une demande est acceptée, nos informations peuvent éventuellement réapparaître dans leurs bases de données.
Incogni nous aide à supprimer nos données personnelles
C'est justement pour simplifier ce travail qu'il existe des services comme Incogni.
Son objectif est de réduire la circulation de nos renseignements personnels auprès des courtiers en données. Plutôt que de devoir contacter chaque entreprise nous-mêmes, Incogni effectue les demandes de suppression à notre place.
Le fonctionnement est relativement simple:
- On crée un compte.
- On fournit les informations nécessaires pour nous identifier.
- On autorise Incogni à effectuer les démarches en notre nom.
Le service communique ensuite avec les courtiers en données concernés pour demander le retrait de nos renseignements personnels. On peut suivre la progression des demandes à partir d'un tableau de bord.

Incogni effectue aussi des suivis, puisque certaines entreprises peuvent recueillir de nouveau nos informations après leur suppression.
Évidemment, le service ne peut pas effacer toutes les traces de notre passage sur Internet ni récupérer les données déjà volées qui circulent sur le dark web. Il ne garantit pas non plus qu'on ne recevra plus jamais de messages frauduleux.
Mais en réduisant la quantité de renseignements personnels disponibles, on limite certaines informations qui pourraient être utilisées pour fabriquer des arnaques personnalisées.
Moins les fraudeurs en savent, mieux c'est!
On fait attention à nos mots de passe, aux liens sur lesquels on clique et aux messages suspects. Mais protéger notre vie privée, c'est aussi limiter les informations personnelles que d'autres entreprises possèdent sur nous.
On peut aussi vérifier nos paramètres de confidentialité sur les réseaux sociaux, fermer les comptes qu'on n'utilise plus et demander la suppression de nos renseignements auprès des courtiers en données.
Des services comme Incogni permettent justement de nous simplifier cette dernière tâche.
Parce qu'au fond, moins nos informations circulent, moins les fraudeurs disposent de renseignements pour tenter de nous piéger.
