Une médaille d’argent et un toutou
Équipe Canada, hommes et femmes, qui viennent de perdre en finale contre les États-Unis aux Jeux de Milano-Cortina. Défaite de 2-1 en prolongation. Le genre de match qui se joue sur un détail. Le genre de match qui fait mal longtemps.
Et là, médaille d’argent autour du cou.
Puis, dans la main.
Un toutou. Remis officiellement par les organisateurs, en même temps que la médaille. Une petite version de Tina, l’hermine blanche mascotte des Jeux.
Les caméras ont capté les visages. Pas des sourires. Pas des célébrations. Des regards vides. De la déception. Chez les femmes comme chez les hommes.
Nathan MacKinnon regarde la peluche, secoue la tête. Daryl Watts fixe le jouet quelques secondes avant de soupirer. Des extraits partagés partout.
C’est une tradition olympique. Tous les médaillés reçoivent une version miniature de la mascotte des Jeux avec leur médaille. Depuis des années.
Cette année, il y a Tina, Milo et The Flo. Une hermine claire pour les Jeux olympiques, son petit frère plus foncé pour les paralympiques, et un groupe de perce-neige stylisés.
Quand tu perds une finale olympique, tu ne penses pas à la tradition. Tu ne penses pas au symbolisme. Tu penses à la rondelle en prolongation. À la passe manquée. À l’or qui était à un tir de distance.
Une médaille d’argent, objectivement, c’est gigantesque. Deuxième au monde. Mais émotionnellement, dans l’instant, ça peut ressembler à une défaite pure.
Les Olympiques nous rappellent que le sport, malgré toute sa dureté, reste un événement humain. Derrière les statistiques, il y a des émotions. Derrière les médailles, il y a des attentes. Derrière la performance, il y a des personnes.
La peluche ne console pas.
Mais elle humanise le moment.
Et peut-être que ce qui a dérangé, ce n’est pas le toutou. C’est de voir, sans filtre, la vulnérabilité d’athlètes qu’on associe à la force et au contrôle.