Trois IA valent mieux qu'une?
On prend trois téléphones, on ouvre trois assistants alimentés par l’intelligence artificielle et on leur demande de compter jusqu’à 100, chacun leur tour.
Le premier dit «un», le deuxième «deux», le troisième «trois», puis on recommence. Une tâche qu’un groupe d’enfants de maternelle pourrait probablement compléter avant la fin de la récréation.
Mais avec trois intelligences artificielles, ça devient rapidement une réunion de bureau.
Au lieu de simplement dire le prochain chiffre, les assistants se mettent à confirmer les consignes, à féliciter les autres et à expliquer qu’ils sont prêts à continuer.
«Exactement.»
«Parfait, continuons.»
«Très bien, je vais dire le prochain nombre.»
Tout le monde est motivé. Tout le monde comprend la mission. Mais personne ne compte vraiment.
On nous présente constamment l’intelligence artificielle comme un outil capable de programmer, d’écrire, de traduire, de créer des images et parfois même de remplacer des emplois.
Puis trois IA se retrouvent ensemble et sont incapables de dépasser quelques chiffres sans transformer l’exercice en conférence téléphonique.
Évidemment, le problème ne vient pas uniquement de leur capacité à compter. Les téléphones doivent s’entendre, reconnaître les voix, attendre leur tour et comprendre que les autres assistants ne s’adressent pas directement à eux.
L'IA actuelle veut tellement être polie, utile et bavarde qu’elle finit parfois par compliquer une consigne pourtant très simple.
Comme quoi l’intelligence artificielle peut peut-être changer le monde.
Mais pour compter jusqu’à 100, on est parfois encore mieux de le faire soi-même.