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Reportage de 1983 sur Ozzy Osborne

Publié le 26 juillet 2025 IA
Reportage de 1983 sur Ozzy Osborne

Il y a des images d’archives qui traversent le temps avec une saveur particulière. Parmi elles, ce fameux reportage du Téléjournal de Radio-Canada diffusé en 1983, où l'on découvre un certain Ozzy Osbourne débarquer au Québec avec tout ce que cela implique de cuir, de fumée, et de regards inquiets.

La scène est surréaliste. On voit un Ozzy exubérant, maquillé, les bras en croix devant une foule survoltée. Puis, le contraste : la voix sérieuse du journaliste qui parle de « satanisme » et d’« influence néfaste sur la jeunesse », pendant qu’un prêtre interrogé exprime son malaise face à « ces musiques-là ». À l’époque, c’est tout un Québec encore partagé entre tradition et modernité qui se questionne sur ce phénomène importé d’Angleterre, et que plusieurs voyaient comme une menace pour les bonnes mœurs.

Mais ce que ce reportage révèle surtout, c’est à quel point Ozzy était un miroir déformant de la société. Il incarnait une peur – celle du changement, de l’anticonformisme, de l’irrationnel. Pourtant, derrière le maquillage noir et les cris stridents, il y avait aussi une figure artistique authentique. Un gars un peu perdu, ex-membre de Black Sabbath, qui tentait de continuer sa carrière après la mort de son ami guitariste, Randy Rhoads. Ozzy, en 1983, c’était autant le bouc émissaire d’un débat social que l’icône d’une jeunesse en quête de défoulement.

Ce qui fait sourire aujourd’hui, c’est la disproportion entre l’artiste — qui, soyons honnête, chantait surtout des balades épiques à saveur d’horreur gothique — et l’inquiétude qu’il soulevait. Les séquences du reportage sont devenues cultes : la foule en délire, les parents inquiets, les journalistes perplexes. Avec le recul, on comprend que tout cela, c’était aussi une leçon de tolérance culturelle.

Ozzy Osbourne n’a jamais mangé de chauve-souris vivante à la Place des Arts. Il n’a pas non plus transformé une génération de Québécois en adorateurs du diable. Ce qu’il a fait, par contre, c’est nous forcer à sortir un peu de notre zone de confort. Et à constater que parfois, un cri bien senti dans un micro peut faire autant de bruit qu’un débat de société.

Et au fond, c’est peut-être ça, le vrai pouvoir du rock.

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