Pourquoi on chante Olé Olé Olé au Centre Bell?
Si vous avez déjà assisté à un match des Canadiens de Montréal au Centre Bell, vous avez sûrement participé — ou au moins entendu — le célèbre « Olé, olé, olé » résonner dans les gradins.
Mais saviez-vous que ce chant ne vient pas du hockey du tout?
Avant de devenir un hymne sportif mondial, le « Olé » était utilisé dans les corridas espagnoles. Les spectateurs criaient ce mot pour encourager les toreros lors de leurs passes réussies.
Le mot lui-même est devenu, avec le temps, une exclamation d’admiration et d’enthousiasme. Bref, une réaction spontanée quand quelque chose impressionne.
Et c’est exactement ce qui explique pourquoi il s’est ensuite retrouvé dans les stades.
Le passage du « Olé » vers les gradins sportifs modernes s’est fait en Belgique, dans les années 1980.
Le producteur Roland Verlooven et le chanteur Le Grand Jojo ont popularisé une version chantée pour encourager le club de soccer RSC Anderlecht. Rapidement, le refrain devient contagieux.
Puis arrive la Coupe du monde de soccer 1986, au Mexique.
La Belgique se rend jusqu’en demi-finale, et le chant est repris massivement par les supporters. Une version flamande interprétée par Walter Capiau et De Oranje Duivels contribue encore davantage à sa popularité.
À partir de ce moment-là, le « Olé, olé, olé » devient un chant de supporters international.
En 1987, Roland Verlooven lance une version internationale du refrain.
Puis en 1988, le groupe britannique Chumbawamba enregistre la pièce Top of the World (Olé, Olé, Olé). Résultat: le chant traverse les frontières européennes et s’installe dans les stades de soccer partout sur la planète.
Encore plus surprenant: on l’entend même en 1989 lors de la chute du mur de Berlin. Le chant devient alors un symbole de rassemblement populaire.
La grande question demeure: pourquoi chante-t-on ça au Centre Bell?
La vérité, c’est qu’on ne connaît pas précisément le moment exact où la tradition a commencé.
Mais plusieurs pistes existent.
Une première théorie veut que ce soit simplement le reflet des influences européennes à Montréal, une ville historiquement très connectée aux cultures du continent.
Une autre hypothèse pointe vers le soccer montréalais. Plusieurs pensent que des supporters de l’ancien Impact de Montréal (aujourd’hui CF Montréal) auraient apporté ce chant dans l’ambiance sportive locale au début des années 2000.
Et tranquillement, il se serait installé… jusque dans les matchs du Canadien.
Aujourd’hui, le « Olé, olé, olé » est devenu une marque distinctive des partisans montréalais.
Dans la Ligue nationale de hockey, c’est rare de l’entendre ailleurs. Et quand ça arrive, c’est souvent parce qu’il y a des fans du Canadien dans l’aréna adverse.
Autrement dit, ce chant est maintenant une tradition locale adoptée par la foule montréalaise.
Un peu comme si Montréal avait pris un refrain venu d’Europe… et en avait fait le sien.
Et la prochaine fois que vous l’entendrez résonner dans le Centre Bell?
Vous saurez que ce n’est pas juste un chant de hockey.
C’est un chant qui a voyagé autour du monde avant d’arriver jusqu’ici.
Olé! Olé! Olé!