Et si les hommes avaient leurs règles?
On a beaucoup parlé de normaliser les règles dans les dernières années. Dans les écoles. Au travail. Sur les réseaux sociaux.
Récemment, le sujet est sorti des salles de bain pour entrer carrément sur les plus grandes scènes du monde.
Les Jeux olympiques. L’endroit où chaque détail est analysé au millimètre près.
Et au milieu de tout ça, des athlètes ont simplement dit «Je n’étais pas à 100%, j’avais mes règles.»
Il y a dix ans, ça aurait été un malaise en direct. Aujourd’hui, c’est une information comme une autre.
Il y a quelques années, lapublicité de THINX, « Si les hommes avaient leurs règles », avait déjà pris de l'avance.
Dans cette campagne, on voyait des hommes demander des tampons au bureau, parler ouvertement de crampes, vivre leur cycle comme si c’était parfaitement normal. Si c’était les hommes, on en parlerait sans gêne, on adapterait les règles du jeu, on mettrait des accommodements en place.
Pourquoi un phénomène biologique normal est-il encore un sujet tabou?
Et voilà qu’aux Olympiques, des athlètes féminines font exactement ça: elles en parlent pour nommer une réalité physiologique.
Pendant longtemps, on a étudié la performance surtout avec des modèles masculins. Le cycle menstruel, c’était comme un détail secondaire. La publicité de THINX jouait sur l’idée que si les hommes vivaient ça, le système serait déjà adapté. Congés prévus. Produits gratuits. Discussions ouvertes. Aucun malaise.
Aux derniers Jeux, on a vu quelque chose d’intéressant: le système commence à s’adapter. Les équipes médicales intègrent davantage le cycle dans la planification des entraînements. Certaines athlètes suivent leurs phases hormonales pour ajuster l’intensité. On commence à reconnaître que le corps féminin n’est pas une version «modifiée» du corps masculin.
On passe de «chut, on n’en parle pas» à « c’est normal, on en parle».
Et ça a un effet domino.
Si une athlète olympique peut dire en conférence de presse qu’elle a compétitionné pendant son cycle, une adolescente peut en parler à son entraîneur. Une employée peut en parler à son gestionnaire. Une jeune fille peut arrêter de penser que c’est quelque chose qu’il faut cacher.
Et peut-être que le vrai progrès, ce n’est pas qu’on en parle plus fort.
Ce sera juste une donnée parmi d’autres.
Comme ça aurait toujours dû l’être.