Est-ce que les jeunes savent lire l'heure?
Un journaliste y interviewe des jeunes à la sortie d’une école pour leur demander s’ils ont du mal à lire l’heure sur une horloge classique.
Cette vidéo qui circule beaucoup sur le web est à la fois drôle et un peu inquiétante.
On y voit un extrait d’un reportage de France Télévisions. Un journaliste interroge des jeunes à la sortie de l’école. Question toute simple : est-ce qu’ils savent lire l’heure sur une horloge à aiguilles?
Réponse unanime: «Oui, oui, pas de problème.»
Alors le journaliste sort une vraie horloge analogique et leur demande simplement de lire l’heure.
Les jeunes interrogés hésitent. L’un se trompe complètement. L’autre mélange les aiguilles. Pourtant, quelques secondes plus tôt, ils étaient convaincus de maîtriser la chose.
Ce qui frappe, ce n’est pas tant l’erreur. C’est le décalage entre la confiance et la réalité.
Les jeunes sont extrêmement à l’aise avec les écrans, les applications, les notifications, les interfaces numériques. Ils naviguent sur un téléphone les yeux fermés. Mais certaines compétences qu’on considère comme « de base » passent tranquillement dans l’angle mort.
Lire une horloge à aiguilles. S’orienter sans GPS. Faire un calcul mental sans calculatrice.
Est-ce que ça veut dire que la génération Z est moins performante que les générations précédentes? Pas nécessairement.
Il faut faire attention aux raccourcis faciles. Ce n’est pas une question d’intelligence. C’est une question d’environnement.
Chaque génération développe les compétences qu’elle utilise au quotidien. Aujourd’hui, on consulte l’heure sur un écran numérique. On ne regarde presque plus d’horloges analogiques. Donc on ne pratique plus cette lecture-là.
À l’inverse, cette génération est souvent beaucoup plus rapide pour chercher de l’information en ligne, apprendre par tutoriels, créer du contenu, comprendre de nouvelles interfaces ou s’adapter à des outils technologiques complexes.
Ce n’est peut-être pas une baisse de niveau. C’est une transformation des habiletés.
Et si on est honnête, on pourrait probablement faire le même test dans l’autre sens. Combien d’adultes seraient capables de monter une vidéo TikTok en cinq minutes, configurer une nouvelle application en anglais ou comprendre les codes d’un jeu en ligne sans explication?
Chaque époque façonne ses réflexes.
La vraie question n’est peut-être pas «sont-ils moins compétents?» mais plutôt «quelles compétences deviennent invisibles parce qu’on ne les utilise plus?»
Faites le test avec les moins de 20 ans...
Finalement, ce qu’on ne pratique pas finit toujours par s’effacer un peu.